Elodie Lachaud – Exposition & projection
Dominique Taléghani – Collages cartographiques

Vernissage le mardi 2 juin 2026 de 18h00 à 21h30
Après midi rencontre avec les artistes le samedi 6 juin 2026 de 14h à 20h.
Suivi de la projection de « Où allez-vous – Passager 001 Cara Spohr Cullen »
à l’occasion de la Nuit Blanche de 20h30 à 22h30
Elodie Lachaud
Installation – Tirages uniques – vidéos
Un ciel traversé. Des chaussures fatiguées. Une boule disco entre route, nuit et fête usée.
Dérive(s) rassemble des traces d’un mouvement continu — physique, émotionnel, mental. Des images, des objets déplacés, des fragments de route laissés là pour prolonger leur souffle. Le travail d’Élodie Lachaud ne documente pas un trajet. Il en garde la chaleur, l’usure, la vibration.
Autoradio fantôme. Blonde sur voie rapide la nuit. Moteur chaud dans les rétroviseurs. Circulation sauvage. Le cœur en warning. Ralentir n’était pas prévu.
On traverse. Parfois en fuite, parfois sans destination précise. On suit une lumière, une sortie de route intérieure. Cette circulation-là — féminine, nocturne, sauvage — Élodie Lachaud la capte et l’installe dans l’espace de la galerie comme une transmission nocturne, une chambre de vérité mobile. Rien n’est figé. Tout circule.
Rien à déclarer sauf le vertige.

Dominique Taléghani
Collages cartographiques
Au commencement étaient les cartes. Cartes routières de l’enfance, atlas géographiques, mappemondes scrutées pendant des heures. Dominique Taléghani est journaliste scientifique de métier, mais c’est un autre rapport au monde qui l’a conduit, un beau jour de 2005, à passer à l’acte : découper ces territoires en fragments minuscules — parfois un millimètre carré — pour les réassembler autrement. Naissent alors des cartographismes, ces objets singuliers qui changent le regard sur le monde et deviennent à leur tour support de rêveries nouvelles.
La technique est artisanale et méticuleuse : cutter, stylo-colle, lampe-loupe, support de découpe. Rien d’autre que des cartes comme matériau. Ce dépouillement volontaire oblige à tout tirer du vocabulaire cartographique lui-même. Les quadrillages, les aplats de couleur, la précision millimétrée des tracés : tout cela, arraché à sa fonction première, devient matière picturale à part entière. Ses compositions ne rejettent pas le matériau cartographique ; elles en révèlent au contraire la richesse graphique secrète.
Mais ce qui était outil de repérage devient terrain d’errance. Car ce sont des constructions où la carte ne guide plus, ne rassure plus, mais invite à se perdre. Là où l’atlas promettait une maîtrise du territoire, les collages de Taléghani restituent quelque chose de plus troublant — la sensation que le monde résiste à être contenu, ordonné, expliqué.

Dérive(s) emprunte aux situationnistes cette idée simple et subversive : que l’on peut habiter le monde autrement, substituer à la logique de l’itinéraire celle du désir. Dominique Taléghani découpe les cartes pour libérer le territoire. Élodie Lachaud traverse le territoire à corps perdu. Deux dérives.